Ce n’est pas parce que la liberté n’a pas de prix qu’elle est sans valeur !
 

L’art libre et la copyleft_attitude

Le 24 novembre 2005

La pierre angulaire du logiciel libre et le « Copyleft », Pour comprendre cette notion rappelons ce qu’est un logiciel libre

« L’expression « Logiciel libre » fait référence à la liberté pour les utilisateurs d’exécuter, de copier, de distribuer, d’étudier, de modifier et d’améliorer le logiciel. Plus précisément, elle fait référence à quatre types de liberté pour l’utilisateur du logiciel :

• La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0). • La liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de l’adapter à vos besoins (liberté 1). Pour ceci l’accès au code source est une condition requise. • La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin, (liberté 2). • La liberté d’améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3). Pour ceci l’accès au code source est une condition requise. « (Définition donnée par gnu.org http://www.gnu.org/ )

Le logiciel libre pose donc directement un problème de définition de droits d’auteur. Ce que les anglo-saxons appellent le copyright. En effet comment gérer les droits sur un logiciel si celui-ci peut être modifié par tous. La notion de copyleft propose de résoudre ce problème de droits. Citons une nouvelle fois gnu.org : « Le Copyleft est une façon de rendre un programme ou tout autre œuvre libre, et qui requière que toutes les versions modifiées et étendues du programme soient libres également. » Ce qui revient à dire que le créateur initial et ces successeurs renoncent à leurs droits. Le logiciel est alors directement distribué dans le domaine publique, sans mention d’aucun copyright. Mais la notion de Copyleft présente une faille évidente. Rien ne peut empêcher un individu « mercantile » de s’approprier le dit logiciel et de le distribuer comme logiciel propriétaire en y apposant un copyright. La copyleft attitude doit donc être complété par une licence. Un texte définissant les modalités d’utilisation et de distribution du logiciel libre.

La licence GPL de GNU reste le texte de référence en la matière, mais elle n’est pas la seule. Vous trouverez une liste de ces licences ici : http://www.gnu.org/licenses/license-list.fr.html

Maintenant que ces notions sont posées, demandons nous comment la « copyleft attitude » peut être transposée dans le domaine de l’art ? En fait artlibre.org propose une licence la « Licence Art Libre », qui à pour but de transposer la notion de logiciel libre à l’art. Vous trouverez la licence à cette adresse http://artlibre.org/licence/lal/ Le premier point important, qui apparaît dés le début, la licence n’est pas une négation des droits d’auteurs. Il est donc possible de modifier une œuvre sous LAL mais « Dans le respect des auteurs avec la reconnaissance et la défense de leur droit moral. » On voit d’emblée la difficulté de transposer le copyleft à l’art. Prendre un « morceau » d’image pour en faire une texture, ou un sample de musique n’est pas comparable aux modifications apportées aux logiciels dans le but d’améliorer ses fonctions.

La LAL reconnaît le droit : 1. A la copie « Vous avez la liberté de copier cette oeuvre pour un usage personnel, pour vos amis, ou toute autre personne et quelle que soit la technique employée. » ,

2. A la diffusion « Vous pouvez diffuser librement les copies de ces oeuvres, modifiées ou non, quel que soit le support, quel que soit le lieu, à titre onéreux ou gratuit si vous respectez toutes les conditions » Avec les conditions suivantes :

- joindre aux copies, cette licence à l’identique, ou indiquer précisément où se trouve la licence,
- indiquer au destinataire le nom de l’auteur des originaux,
- indiquer au destinataire où il pourra avoir accès aux originaux (originels et/ou conséquents). L’auteur de l’original pourra, s’il le souhaite, vous autoriser à diffuser l’original dans les mêmes conditions que les copies.

3. Mais également à la modification et l’incorporation :

« Vous avez la liberté de modifier les copies des originaux (originels et conséquents), qui peuvent être partielles ou non, dans le respect des conditions prévues à l’article 2.2 en cas de diffusion (ou représentation) de la copie modifiée. L’auteur de l’original pourra, s’il le souhaite, vous autoriser à modifier l’original dans les mêmes conditions que les copies. »

« Tous les éléments de cette oeuvre doivent demeurer libres, c’est pourquoi il ne vous est pas permis d’intégrer les originaux (originels et conséquents) dans une autre oeuvre qui ne serait pas soumise à cette licence »

C’est ce dernier point qui est particulièrement intéressent, les deux premiers étant assez triviaux. En ce qui concerne la modification il est donc nécessaire de « citer ces sources », l’article 2.2 renvoyant au droit de diffusion. Cependant la LAL ne définit pas clairement la notion de modification. Et rappelons que la LAL ne se présente pas comme une négation des droits d’auteurs. Sort-on de la LAL, quand on créer un header de site avec une partie d’une image élaborée sous cette licence ? Ce n’est pas clairement définit. Ceci d’autant plus que les droits d’auteur tels qu’ils sont définis par la loi française reconnaît le droit à l’intégrité de l’œuvre. De ce fait, seul l’auteur de l’original est à même de définir la notion de modification selon son degré de tolérance. De ce point de vue une œuvre sous la licence LAL ne présente pas de différence notoire avec une autre.

Le monde du « libre » est régit par des licences comme le monde du « propriétaire ». Toute fois le « libre » a une vision communautaire de la création, d’où la notion de « copyleft attitude ». La LAL peut apparaître comme une transposition de cette attitude au domaine de l’art. Toutefois il n’existe pas « un monde du libre » mais des « mondes du libre » chacun à une vision plus ou moins « extrême » de la notion de copyleft. Ainsi la LAL dans son souci de respecter la notion de « droits d’auteur », ne s’engage pas dans une voie libertaire. Mais il est difficile, surtout dans le domaine de l’art, de considérer qu’une création peut être totalement libérée de son créateur. Mais c’est également le cas des logiciels libres, ceux ci sont, dans la majeur partie des cas, marqués du sceaux de leur créateur.

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